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Votre client est en faillite ou en réorganisation

Ce que vous faites comme créancier, dans quel ordre et où. Cherchez l'entreprise : le dossier indique le tribunal, la date du jugement et le curateur.

En cas de faillite

Le tribunal de l'entreprise déclare la faillite et désigne un curateur, un avocat qui réalise les actifs et paie les créanciers dans la mesure des fonds. Un juge-commissaire surveille. Personne ne vous paie d'office : vous devez déclarer votre créance.

  1. Cessez de livrer à crédit. Ce que vous livrez encore après le jugement, vous le convenez avec le curateur.
  2. Rassemblez vos pièces. Factures, bons de commande, le contrat, bons de livraison et rappels.
  3. Déclarez votre créance dans RegSol. Sur regsol.be, le Registre central de la solvabilité : vous-même avec l'eID ou itsme, ou par votre avocat. Indiquez séparément le principal, les intérêts et les frais, et un privilège ou une sûreté le cas échéant.
  4. Revendiquez les biens sous réserve de propriété. Cela doit se faire avant le premier procès-verbal de vérification, et les biens doivent encore être présents.
  5. Réglez la TVA. En cas de faillite, la TVA sur les factures impayées peut être récupérée sous conditions ; votre comptable sait comment.
  6. Suivez le dossier. Le procès-verbal de vérification (admise ou contestée) et les rapports du curateur paraissent dans RegSol. Le tribunal tranche une créance contestée.

Délais

Le jugement fixe la date limite de déclaration de votre créance : au maximum trente jours après le jugement selon la loi. Il fixe aussi le jour où le curateur dépose le premier procès-verbal de vérification, la liste des créances admises et contestées. Ces deux dates figurent dans la publication du jugement au Moniteur belge et dans RegSol. Une déclaration tardive reste parfois possible, mais ses frais sont à votre charge et les répartitions déjà faites restent acquises.

Que récupérez-vous ?

Sont payés d'abord les frais de la procédure et les dettes contractées par le curateur lui-même, puis les créanciers privilégiés ou garantis (comme le fisc, l'ONSS, les travailleurs, ou une banque avec un gage ou une hypothèque). Ce n'est qu'ensuite que viennent les créanciers ordinaires, entre eux au prorata de leur créance. Il leur reste souvent peu ou rien, et une faillite dure généralement des années.

En cas de réorganisation judiciaire

L'entreprise demande au tribunal une protection pour se restructurer. Pendant le sursis, vous ne pouvez ni saisir ni exécuter pour des dettes antérieures à l'ouverture ; votre créance subsiste. Le jugement indique la fin du sursis ; le tribunal peut le proroger. Il existe trois formes :

Accord amiable
L'entreprise négocie avec certains créanciers. L'accord ne lie que ceux qui le signent.
Accord collectif
L'entreprise dépose un plan (délais, remise partielle) et les créanciers votent à une audience. S'il est approuvé à la majorité et homologué par le tribunal, il lie aussi ceux qui ont voté contre.
Transfert sous autorité de justice
Un mandataire de justice vend l'entreprise ou une partie de celle-ci. Les créanciers sont payés sur le produit, selon leur rang.
  1. Suspendez le recouvrement des anciennes dettes. Ni saisie ni exécution tant que le sursis court.
  2. Vérifiez votre montant. L'entreprise doit vous communiquer le montant pour lequel elle vous reprend. S'il est inexact, contestez-le par écrit.
  3. Votez sur le plan. En cas d'accord collectif, vous votez à l'audience fixée par le jugement, ou par procuration.
  4. Ne livrez qu'à des conditions claires. Ce que vous livrez après l'ouverture n'est pas visé par le sursis.
  5. Consultez le dossier dans RegSol. Le plan et les pièces de la procédure s'y trouvent.

En cas d'administrateur provisoire

Le tribunal peut désigner un administrateur provisoire lorsque des manquements graves de la direction menacent la continuité de l'entreprise. L'entreprise continue d'exister et ce n'est pas une procédure d'insolvabilité : votre créance reste exigible et vous recouvrez comme d'habitude. C'est toutefois un signal pour revoir votre limite de crédit et vos délais de paiement, et pour suivre l'entreprise.

Restez informé

Suivez l'entreprise sur Checked (bouton Suivre dans le dossier) et vous recevez une alerte à chaque nouveau jugement : une prorogation, l'homologation ou la clôture d'une réorganisation, et la clôture ou la rétractation d'une faillite. Vous choisissez ce qui vous parvient par e-mail dans Alertes.

Questions fréquentes

Comment déclarer une créance dans une faillite ?

Par voie électronique dans RegSol (regsol.be), le Registre central de la solvabilité. Vous vous connectez avec l'eID ou itsme, recherchez la faillite par le numéro d'entreprise et indiquez le principal, les intérêts, les frais et un éventuel privilège, avec vos pièces en annexe. Un avocat peut le faire pour vous.

Jusqu'à quand puis-je déclarer ma créance ?

Jusqu'à la date fixée par le jugement, au maximum trente jours après le jugement selon la loi. Cette date figure dans la publication au Moniteur belge et dans RegSol. Une déclaration tardive reste parfois possible, mais les frais sont à votre charge.

Qu'est-ce que le procès-verbal de vérification ?

La liste que le curateur dépose dans RegSol avec les créances qu'il admet et celles qu'il conteste. Le curateur soumet une créance contestée au tribunal.

Vais-je récupérer mon argent ?

Cela dépend de ce que le curateur réalise et de votre rang. Passent d'abord les frais de la procédure et les créanciers privilégiés ou garantis ; les créanciers ordinaires se partagent le reste, souvent peu.

Qu'est-ce qu'une réorganisation judiciaire change pour moi ?

Tant que le sursis court, vous ne pouvez ni saisir ni exécuter pour des dettes antérieures à l'ouverture. Votre créance subsiste et est payée selon l'accord ou sur le produit d'un transfert.

Comment savoir quand la faillite est clôturée ?

Suivez l'entreprise sur Checked : vous recevez une alerte le matin qui suit la publication de la clôture ou de la rétractation au Moniteur belge. Dans RegSol, vous suivez les rapports du curateur.

Informations générales sur les procédures belges (Livre XX du Code de droit économique), pas un avis juridique. Pour votre situation : le curateur, votre avocat ou votre comptable.